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LE Guide de 42 Pagse Survivre à une Guerre Nucléaire

par Jeromec, lundi 14 novembre 2022, 16:56 (il y a 20 jours) @ Jeromec

Voici le copier coller du guide de 42 pages, comment Survivre à une Guerre Nucléaire... ça devient presque un jeu d'enfants (je déconne)

Malheureusement avec le peu de maturité et de sérieux de la part de nos dirigeants, le TOUX n'est pas à balayer du revers de la main... malheureusement...:-|

Quelle est la différence entre un député fédéral et un patient d'un asile psychiatrique... 189 000$ par année et un compte de dépen$e$...:-)

SURVIVRE
à la guerre nucléaire
par
Piero San Giorgio1
https://www.piero.com
1 Piero San Giorgio a été pendant plus de vingt ans responsable des marchés émergents d'Europe de l'Est, du
Moyen Orient et d’Afrique dans l’industrie des hautes-technologies. Depuis 2005, il se prépare à l'effondrement
de l'économie et étudie les moyens d'y survivre. Son premier livre Survivre à l'effondrement économique, paru
en 2011, est un best-seller international. Ce livre fut suivi par Rues Barbares (avec Vol West, 2012), Femmes au
bord de la crise (2014), NRBC – Survivre aux évènements Nucléaires, Radiologiques, Biologiques et Chimiques
(avec Cris Millennium, 2016). Ce succès a fait de Piero San Giorgio un «porte-parole» éminent du mouvement
survivaliste dans le monde francophone. Pour plus d’informations : http://www.piero.com.
Ce document éducatif est gratuit, est destiné à tous les publics et contient des extraits du livre
NRBC – Survivre aux évènements Nucléaires, Radiologiques, Biologiques et Chimiques (2016).
L’auteur n’est pas médecin et ne saurait être responsable de l’application des solutions
suggérée dans ce document et de leurs conséquences. En cas de brûlures, blessures,
empoisonnement, etc. consultez un médecin s’il y en a encore un de vivant auprès de vous.
Ce document est libre de droits.
LE RISQUE DE GUERRE NUCLEAIRE
« Maintenant, je suis la Mort, le Destructeur des Mondes. »
Robert Oppenheimer, physicien américain (1904-1967)
Guerre en Ukraine... OTAN contre Russie... Israël contre Iran, Inde contre Pakistan,
Corée... S’il devait y avoir une guerre nucléaire...
• « On va tous mourir ! »
• « Je préfère mourir tout de suite que survivre dans ce qui suivra ! »
• « Je me suicide direct ! »
• « C’est la fin de l’humanité ! »
• « C’est la fin de toute vie sur Terre ! »
• « Seuls les scorpions et les insectes vont survivre »
• « Il y a de quoi détruire la Terre plusieurs fois ! »
• « Personne ne pourra survivre ! »
Nous entendons – et peut-être le pensons-nous aussi – souvent ces phrases dès lors
que l’on évoque ce risque.
Des livres à succès, comme On the Beach de Neville Chute, des films comme Le jour
d’après, de Nicholas Meyer, des jeux vidéo comme Fallout et bien d’autres œuvres de
divertissement ou artistiques mettant en scène des univers post-apocalyptiques, ont transmis
dans la culture populaire un grand nombre de mythes liés aux armes nucléaires. J’ai même
connu une dame qui pensait qu’ « ils allaient utiliser la bombe »... oui, LA bombe... elle croyait
qu’il n’y en avait qu’une, et qu’elle allait tout détruire ! Même parmi les « survivalistes » ou
autres preppers, qui se pensent souvent bien informés, le thème de la préparation à la guerre
nucléaire est souvent négligé, pensant que « ça ne sert à rien » car ce serait « trop dur » ou «
trop horrible ».
Pourtant, même une guerre thermonucléaire globale, bien que tragique et aux effets
destructeurs colossaux ne signifierait pas la fin de la vie humaine sur terre.
Donc, je l’affirme : Nous pouvons survivre à une guerre nucléaire.
Ça ne sera pas facile, ça ne sera pas agréable, mais nous pouvons nous y préparer et
c’est l’objectif de ce document gratuit, qui pourra être complété et approfondi par la lecture
du livre NRBC ou par les formations que vous trouverez sur https://www.piero.com
LE RISQUE DE GUERRE NUCLEAIRE
« Rien dans la vie n'est à craindre, tout doit être compris. C'est
maintenant le moment de comprendre davantage, afin de
craindre moins. »
Marie Curie, Physicienne Franco-Polonaise (1867-1934)
Le 16 juillet 1945, l’humanité entre dans l’ère nucléaire. Ce jour-là, sur la base aérienne
d’Alamogordo, dans l’État du Nouveau- Mexique, le test baptisé Trinity est réussi. Il s’agissait
de la toute première explosion d’une bombe A, communément appelée bombe atomique ou
bombe nucléaire. Ce test est le fruit d’une course aux armements remportée par les ÉtatsUnis face à l’Allemagne et au Japon (et à l’URSS...) grâce au Manhattan Project. Cet immense
effort technique et industriel est dirigé par le physicien Robert Oppenheimer, entouré d’une
équipe de physiciens, parmi lesquels les prix Nobel de physique Niels Bohr, James Chadwick,
Enrico Fermi et Isidor Isaac Rabi.
L’idée d’une bombe atomique a pris naissance dans les années 1910, lorsque des
physiciens comme Otto Hahn ou Enrico Fermi ont envisagé l’emploi de l’énergie atomique à
des fins militaires et énergétiques. Bien que la première fission nucléaire fut réalisée en
décembre 1938 à l’institut Kaiser Wilhelm de Berlin, l’Allemagne du IIIe Reich, dans le cadre
de son Projekt Uranium, ne réussit pas à développer une bombe, et ce malgré la construction
de plusieurs piles atomiques expérimentales. Après le succès du test Trinity, il fut rapidement
décidé d’utiliser une telle bombe sur le Japon, toujours en guerre contre les États-Unis et les
Alliés.
Hiroshima
Le 06 août 1945, à 02 h 45 du matin, le bombardier Boeing B-29 Super-forteresse
baptisé par son commandant Enola Gay, en l’honneur de sa maman, prend son envol de l’île
de Tinian dans l’archipel des Mariannes, en direction du Japon. Il est accompagné de six autres
avions du même type, qui ont pour but de procéder à des reconnaissances, des relevés météo
et des photographies. Quant au B-29 Enola Gay, il transporte une bombe atomique d’environ
quatre tonnes, appelée Little Boy, littéralement : petit garçon.
Après avoir parcouru une distance d’approximativement 3 200 km en six heures, le
bombardier se retrouve à une haute altitude (9 500m) au-dessus d’Hiroshima. Un temps clair
et dégagé permet de confirmer la cible. À 08 h 15 (heure locale), le commandant Tibbets, qui
pilote l’avion, fait procéder au largage. La bombe chute pendant 43 secondes avant d’exploser
à une distance de 580 m du sol. Une boule de feu d’environ 400m de diamètre se forme alors,
émettant un puissant rayonnement lumino-thermique qui, comme son nom l’indique, se
propage à la vitesse de la lumière. Bien que très bref, cet éclair provoque la mort de milliers
de personnes. La gravité des brûlures étant fonction de la distance et de la surface du corps
exposée, les victimes vont agoniser pendant un temps compris entre quelques minutes et
plusieurs heures. En outre, de nombreux incendies sont provoqués par ce flux de chaleur
intense et s’étendent sur une zone de plusieurs kilomètres de rayon autour du centre de
l’explosion.
Quelques secondes plus tard, une onde de surpression emmenée par des vents allant
de 300 à 800 km/h pulvérise les bâtiments, écrasant nombre de rescapés abrités derrière les
murs en bois de leur habitation. Pour les miraculés encore en vie, le calvaire n’est toutefois
pas terminé. Des masses d’air brûlantes circulent de partout. Les incendies se propagent dans
toute la ville. La plupart des composants électroniques sont endommagés par l’impulsion
électromagnétique créée par l’explosion2
. Un « champignon » atomique constitué de
poussières obscurcit le ciel. Après quelques heures, le nuage retombe sous forme de pluie.
D’épaisses gouttes noires 81 s’abattent alors sur Hiroshima. Celles-ci, chargées de cendres
radioactives, vont ainsi contaminer la cité et les environs jusqu’à 30 km sur un axe en direction
du nord-ouest.
Quelles en ont été les conséquences ? Dans le cas d’Hiroshima, Little Boy a une
puissance évaluée à 15 kilotonnes de TNT (15 000 tonnes). Le diamètre de la boule de feu
engendrée est de 400m. La température en son centre est de plusieurs millions de degrés :
elle est estimée à environ 4 000°C au niveau du sol. Des brûlures du troisième degré sont
possibles jusqu’à 8km. Le champignon atomique atteint une hauteur approximative de 7 km.
Tous les bâtiments sont détruits dans un rayon de 1 km depuis l’épicentre, et ceux en bois
jusqu’à 1,5 km3. Selon le Mémorial pour la Paix d’Hiroshima, le nombre de morts total s'élève
à 140’000 sur une population de 255'000 habitants.Toutefois, dans les années qui ont suivi,
ce chiffre a sensiblement augmenté, principalement à cause des cancers et des complications
diverses provoqués par la contamination radioactive.
L’attaque contre Hiroshima fut suivie par une autre attaque, le 9 août 1945, contre la
ville de Nagasaki, causant entre 40 000 et 70 000 morts sur une population de 195’000. Le
lendemain de l’attaque de Nagasaki, le Japon acceptait la reddition inconditionnelle. La
réaction de Josef Staline, le dirigeant de l’URSS, à cet évènement, fut de dire que si les
Américains pouvaient détruire une ville en un instant avec une seule bombe, lui pouvait le
faire en un jour avec son artillerie.
Bien que ces attaques aient été terribles. Il faut remarquer que la mortalité a été proche
de 50% et que donc, cela signifie que près de 50% de la population a survécu.
La puissance destructrice de l’atome
La bombe atomique utilise la force de l’atome pour libérer une quantité d’énergie
colossale en un temps très court. Son pourvoir de destruction est sans commune mesure avec
les explosifs classiques chimiques et peut être exprimé en équivalent de TNT4. Sa puissance
est très variable : la plus petite (la Davy Crockett, USA) représente « seulement » 20 tonnes
de TNT ; la bombe larguée sur Hiroshima avait une puissance de 15 kt (15 000 tonnes
d’équivalent TNT) ; la plus redoutable (la Tsar Bomba, URSS) équivaut à 50 000 000 tonnes de
TNT (50 Mt). Entre les deux extrêmes, toute une gamme a été développée par les différentes
puissances nucléaires, en sachant que plus le missile ou la bombe est précis, moins la
2 A l’époque il ne s’agissait que de radios. Aujourd’hui, cet effet serait encore plus handicapant, car l’électronique
occupe une place majeure dans notre société (présent dans les voitures, les radios, les téléphones portables, les
ordinateurs...).
3 À titre de comparaison, l’explosion la plus puissante jamais enregistrée en surface (Tsar Bomba, bombe à
hydrogène de 50 mégatonnes, ayant été testée par l’URSS le 30 octobre 1961 au nord de la Sibérie), a engendré
une boule de feu de 8 km de diamètre, un nuage de 64 km de haut et a provoqué des brûlures et destruction de
bâtiments jusqu’à 100 km. Elle fut visible et ressentie jusqu’à 1 000 km. Elle a déclenché un tremblement de
terre de 5,2 sur l’échelle de Richter, qui aurait été de 7,1 si l’explosion avait été souterraine. 4 TNT : Trinitrotoluène. Il sert de référence pour comparer la puissance des explosifs entre eux.
puissance a besoin d’être élevée pour détruire un objectif particulier. Quelques exemples
figurent dans le tableau ci-dessous :
Nation
détentrice Nom Type
Puissance (équivalent TNT)
Tonnes Kilo-tonnes
(kt)
Méga-tonnes
(Mt)
Chine Dong-Feng
5 Ogives des missiles intercontinentaux 5 ’000
000 5 000 5
W-80-1 Ogives des missiles de croisière 150 000 150 0,15
W-87 Ogives des missiles intercontinentaux
Minuteman III 300 000 300 0,3
France TNA 83
82F
Ogives des missiles de croisière air-sol 300 000 300 0,3
Russie Topol Ogives des missiles SS-25 800 000 800 0,8
Bulava Ogives des missiles SS-32 100 000 150 0,15
L’explosion d’une bombe nucléaire engendre différents effets, à savoir :
• Effets lumino-thermiques : 35 % de l’énergie est dissipée sous cette forme. Le
rayonnement engendré par la boule de feu se propage à la vitesse de la lumière. Sa
durée est inférieure à trois secondes dans le cas de Hiroshima, mais elle augmente avec
la puissance de l’arme (exemple : quinze secondes pour 600 kt). En fonction de la
distance, l’intensité du flux thermique et de lumière peut tuer, causer des cécités
temporaires ou définitives, provoquer des brûlures du troisième degré et incendier tout
élément combustible.
• Effets mécaniques : Ils représentent environ 50 % de l’énergie dissipée. Ils se
manifestent par une onde de surpression qui détruit bâtiments et infrastructures, ainsi
que par des vents violents qui ravagent tout. Pour l’Homme, il en résulte trois catégories
d’effets:
1. L’effet primaire : la surpression endommage les tympans, les poumons et
autres organes internes.
2. L’effet secondaire : les hautes pressions engendrent des dégâts de type
«écrasement» dus à l’écroulement des murs ; les puissants vents causent des lésions
par le biais d’objets projetés.
3. L’effet tertiaire : les personnes sont elles-mêmes propulsées contre des
surfaces dures ou soulevées, puis roulées au sol.
• Effets radioactifs :Leur part est estimée à 15 % de l’énergie dissipée. Ils sont divisés en
deux types :
1. Le rayonnement initial (5 % de l’énergie), constitué principalement des rayons
gamma et des neutrons émis lors de la première minute suivant l’explosion.
Généralement, la zone mortelle due à cet effet est inférieure à celle du flash
luminothermique et de l’onde de surpression. C’est-à-dire que les personnes
supposées succomber en raison des radiations initiales auront déjà péri, soit
carbonisées, soit consécutivement à différents traumatismes profonds. Ceci est
d’autant plus vrai que la puissance de la bombe est élevée. Toutefois, dans le cas de
survivants gravement blessés, il apparaît évident qu’une exposition importante à des
rayonnements gamma et neutrons constitue un facteur aggravant.
2. Le rayonnement résiduel (10 % de l’énergie) est quant à lui responsable du
phénomène de contamination. Il est composé du matériel nucléaire non consommé
et des descendants instables qui résultent de la réaction en chaîne. Si l’explosion
survient à proximité du sol, s’ajoute alors l’effet des poussières et cendres
radioactives.
Remarque 1 :
La contamination radioactive engendrée par l’explosion d’une bombe atomique dépend
principalement de trois facteurs :
1. La puissance et la quantité du combustible nucléaire en son sein.
2. Le type d’élément provoquant la réaction en chaîne. Une arme à uranium ou
plutonium engendre plus de contamination qu’une bombe H par exemple.
3. L'altitude de l’explosion.
Les poussières et cendres aspirées dans le champignon atomique deviennent
radioactives par un mécanisme d’activation (capture neutronique). Plus la bombe est proche
de la surface au moment de sa mise en œuvre, plus ce phénomène est important. Le nuage
créé provoque par la suite des retombées radioactives qui vont polluer l’air, le sol et l’eau.
Pour Hiroshima, l’explosion s’est produite à une hauteur de 580 m. Sachant que la puissance
de l’arme est de 15 kt, une altitude de 160 m aurait été nécessaire pour obtenir un apport
significatif de radioactivité dû au mécanisme précédemment cité.
Remarque 2 :
Il est important de comprendre que les accidents de Tchernobyl et de Fukushima sont
porteurs de conséquences environnementales plus graves que les attaques sur Hiroshima et
Nagasaki. Ceci est principalement dû aux vastes quantités de matières radioactives relâchées,
et ce, pendant de longues périodes de temps. Bien qu’inférieures, les retombées consécutives
à une explosion atomique sont cependant réelles. Même s’ils ne provoquent pas d’effets
mortels immédiats, ces rayonnements résiduels vont contaminer la zone et les personnes. Le
danger apparaît encore plus grand si des individus inhalent ou ingèrent ces substances
radioactives. Dans ce cas, le risque de survenues de cancers des années plus tard est alors
augmenté. Des mesures sont donc à prendre pour quiconque se retrouverait sous des
retombées radioactives, afin d’éviter une contamination externe ou, dans le pire des cas,
interne. Nous verrons comment plus loin.
Remarque 3 :
Une explosion nucléaire peut également produire une impulsion électromagnétique qui
peut détruire tout matériel électronique non protégé. Cet effet est d’autant plus efficace que
la bombe est puissante (généralement supérieure à 200 kt) et que l’explosion se situe en
altitude (optimale pour des hauteurs de plus de 30 km). La portée est très importante : des
dommages pourraient s’observer sur des régions, voire des pays entiers. Des armes
atomiques spécifiques pour ce type d’impulsion ont été développées. Il s’agit notamment de
bombes à hydrogène.
Remarque 3 :
Il existe plusieurs types de bombes atomiques :
- La bombe à fission (bombe nucléaire ou bombe A) : Comme son nom l’indique, celleci fonctionne selon le principe de la fission nucléaire. Elle nécessite de l’uranium 235
(c’était le cas de Little Boy larguée sur Hiroshima) ou du plutonium 239 (comme dans
la bombe Fat Man5
, utilisée sur Nagasaki).
- La bombe à fusion (bombe thermonucléaire ou bombe H) : Il s’agit cette fois d’une
fusion de petits atomes tels que le deutérium et le tritium qui sont des isotopes de
l’hydrogène (d’où le nom de bombe H). Pour atteindre les conditions de pression et
de température nécessaires pour amorcer la réaction de fusion, une modeste bombe
nucléaire à fission est indispensable.
- La bombe à neutrons (bombe à rayonnement renforcé ou bombe N) : Il s’agit d’une
bombe à fusion particulière dont le but est de produire un maximum de neutrons
pour causer un minimum de dégâts conventionnels et de retombées radioactives.
Destiné à tuer les individus et à « épargner » les équipements, ce type d’arme ne
semble plus être en service actuellement.
L’attaque nucléaire
En 1945, les États-Unis étaient la seule nation à posséder une bombe pouvant frapper
pratiquement n’importe où et n’importe quand, dans la mesure où la cible était à portée de
ses bombardiers B-29 (et à disposer d’une supériorité aérienne totale). L’objectif,
généralement une ville, était ainsi susceptible de subir d’importants dégâts tant humains que
matériels. Cette épée de Damoclès sur la population ennemie pouvait être le garant d’une
guerre rapidement gagnée.
En 1949, après un développement à marche forcée et grâce à l’aide d’un réseau
d’espions pro-communistes dans le projet Manhattan, l’URSS finalisa sa première bombe A.
D’une puissance d’environ 22 kt et baptisée Pervaya Molniya (« premier éclair »), elle fut
testée avec succès le 29 août dans la zone militaire de Semipalatinsk (dans l’actuel
Kazakhstan). À partir de ce moment, on commença à parler d’« équilibre de la terreur » ou
de dissuasion. Cela veut dire que toute nation qui en agresse une autre disposant d’une arme
et de vecteurs capables de frapper en retour (notamment à partir du développement de
missiles intercontinentaux dès la fin des années 1950) prend le risque de subir des pertes très
lourdes. Paradoxalement, les armes nucléaires ont contribué à rendre le monde plus pacifique
et à réduire le nombre de guerres.
Officiellement, toutes les puissances se targuent de ne jamais vouloir être les premières
à utiliser de telles armes ou, le cas échéant, uniquement en situation défensive. Ce faisant,
l’équilibre est maintenu : les conflits se limitent à des batailles diplomatiques, et les guerres
se font de manière indirecte en soutenant des factions rebelles, en organisant et finançant
des groupes terroristes, ou encore par la subversion idéologique. Même le développement
des armes dites « tactiques » (destinées à avoir un impact sur le champ de bataille
uniquement) ou des mini-nukes développées pour détruire des objectifs très ciblés (bunkers
de commandement, centres de recherche enterrés, etc.) n’ont pas, jusqu’à présent, infléchi
cette réalité.
Depuis 1945, différents plans ont été élaborés pour définir les doctrines d’utilisation
des armes. Par exemple :
• Le plan Totality, établi sous l’administration Truman en 1946, prévoyait une attaque
des vingt ou trente principales villes soviétiques. En réalité, les USA n’avaient à cette
époque que neuf bombes et ce plan faisait partie d’une stratégie de « bluff » pour
dissuader l’Union soviétique de toute tentative de ne pas respecter le traité de Yalta.
5 Littéralement « Gros homme ».
• De 1961 à 2003, les États-Unis adoptèrent un plan appelé : Single Integrated
Operational Plan (SIOP) qui calculait en permanence les cibles considérées comme
stratégiques et y assignait des forces d’attaque adéquates et disponibles (bombardiers, missiles, artillerie, sous-marins, etc.). En 2003, ce plan, modifié de
nombreuses fois pour en améliorer la flexibilité, changea de nom pour devenir
l’OPLAN 8022. La particularité de ce plan est qu’il n’exclut pas la possibilité d’utiliser
l’arme nucléaire dans le cadre de frappes préventives.
• « Sept jours jusqu’au Rhin » est le nom du plan soviétique de 1964, maintenu dans
plusieurs variantes jusqu’en 1986. Il prévoyait une réponse à une attaque des ÉtatsUnis et de l’OTAN contre le Pacte de Varsovie. Dans ce plan, une offensive générale
en Europe, soutenue par 131 frappes tactiques contre les principales concentrations
de forces, bases, postes de commandement et de communication de l’OTAN, était
prévue (ce qui aurait sensiblement détruit bon nombre de villes d’Europe, notamment
Bruxelles, Amsterdam, Cologne, Bonn, Frankfort, Stuttgart, Munich, Nürnberg,
Vienne, Vicenza, Brest, Toulon, Aalborg...). L’objectif était d’atteindre le Rhin en sept
jours, puis Lyon en deçà de neuf jours, et ensuite de poursuivre l’avancée jusqu’aux
Pyrénées. Ce plan tenait compte du fait que l’OTAN aurait utilisé de nombreuses
armes tactiques (au nombre de 25) sur tous les passages de la Vistule, de Gdansk et
jusqu’à la frontière slovaque.
• Le Royaume-Uni possède depuis 1952 l’arme atomique et déploie environ 200 ogives,
principalement dans des missiles Trident II à bord de sous-marins lanceurs d’engins de
classe Vanguard (les bombardiers à long rayon d’action de type « V » – Valiant, Vulcan,
Victor – ont été désactivés). Sa doctrine a été de maintenir son statut de grande
puissance grâce à ces armes, à utiliser en situation défensive, notamment dans le cas
d’une attaque soviétique contre son territoire.
• Puissance atomique depuis le 13 février 1960 et son premier essai « Gerboise bleue »,
la France a développé une force de frappe, appelée « Force de dissuasion », à partir
de 1961, disposant des vecteurs nécessaires pour s’en servir (bombardiers Vautour
IIB, Mirage IIIE, Mirage IV, Jaguars, Super Etendard, Mirage 2000N, Rafale F3 ; missiles
balistiques S2, Pluton, Hadès, S3 ; sous-marins lanceurs d’engins de classes Le
Redoutable et Le Triomphant équipés de missiles M1, M2, M20, M4, M45, M51), et
d’une politique très claire : si des forces ennemies devaient pénétrer en force le
territoire national (ce qui en situation de Guerre froide signifiait que les forces
soviétiques avaient détruit les corps de bataille de l’armée française en Allemagne, et
allaient traverser le Rhin), la riposte allait être lancée.
• La doctrine de la République Populaire de Chine, dotée de l’arme nucléaire depuis
1964 est, pour l’instant, purement défensive, d’autant que, pendant longtemps, sa
dissuasion ne fut pas très crédible par manque de vecteurs performants (les bombardiers chinois étaient obsolètes et à faible rayon d’action, la précision de ses missiles
très aléatoire, etc.). Avec la modernisation de ses forces armées, les capacités de
celles-ci, notamment au niveau des missiles balistiques et des missiles de croisières,
ont rattrapé en précision, fiabilité et portée celles des forces américaines,
britanniques, françaises ou russes. La Chine est ainsi devenue une puissance capable
et crédible. 204F
Malgré ces plans, et malgré l’« équilibre de la terreur », il y eut au cours de la Guerre
froide des tensions très graves qui manquèrent de justesse de provoquer une guerre nucléaire
:
• Pendant la guerre de Corée (1950-1953), le général américain MacArthur proposa
d’utiliser des bombes atomiques contre les armées chinoises. Cette proposition fut
refusée par le président Truman et MacArthur fut limogé. 205F
• Pendant la crise des missiles de Cuba, du 15 au 28 octobre 1962, la série d’évènements
et de coups de bluffs qui eurent lieu entre les États-Unis et Cuba, soutenu par l’Union
Soviétique, atteignit son apogée le 27 Octobre 1962. Ce jour-là, un avion de
reconnaissance américain fut abattu sur Cuba provoquant une exacerbation des
tensions telle que les forces navales américaines maintenant le blocus maritime de
l’île lancèrent une attaque factice (mais pas interprétée comme telle) à coup de
charges de profondeur anti-sous-marines contre le sous-marin soviétique B-59 qui
faillit alors lancer une attaque à la torpille contre le porte-avion américain USS
Randolph.
• Pendant la guerre du Kippour, du 6 au 25 octobre 1973, les tensions entre les forces
navales américaines et soviétiques en méditerranée furent si élevées que les ÉtatsUnis se mirent en état d’alerte, craignant une attaque soviétique.
• Le 9 novembre 1979, les écrans du centre de commandement montrèrent qu’une
attaque massive avait été lancée par l’URSS. Après quelques minutes de grande
panique où il fut considéré de lancer une riposte, on fit remarquer qu’aucun radar
n’avait repéré de missiles. Il s’agissait d’une erreur informatique.
• Le 26 septembre 1983, ce fut au tour des centres de contrôle soviétiques de voir
apparaître sur leurs écrans l’alerte des lancements de missiles américains. Alors
qu’une riposte se préparait, on se rendit compte qu’il s’agissait d’une fausse alerte
due à une erreur informatique.
• Pendant l’exercice de l’OTAN Able Archer 83 ayant eu lieu du 2 au 11 novembre 1983,
l’état-major soviétique était convaincu que ces exercices étaient une diversion
destinée à dissimuler une véritable attaque surprise. Les forces du Pacte de Varsovie
furent mises en alerte, y compris les forces stratégiques. Fort heureusement, la
tension baissa une fois les exercices terminés, car à cette époque, apogée de la Guerre
froide, l’URSS s’était équipée de 45 000 ogives de toutes sortes et les États-Unis de 31
175.
• Le 25 janvier 1995, une fusée de recherche scientifique norvégienne fut lancée de la
base d’Andøya. Celle-ci provoqua l’alerte des radars russes qui l’identifièrent comme
un missile balistique, au point que le président russe Boris Eltsine fut tiré de son coma
éthylique habituel et se retrouva avec la mallette contenant les codes de lancement
dans les mains. Fort heureusement, il retourna se coucher une fois la fusée
norvégienne retombée dans l’océan.
• Lors de l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014 et depuis l’attaque Russe de
2022 en Ukraine pour soutenir les séparatistes russophones du Donbass, la crainte de
l’utilisation par la Russie ou par l’OTAN d’armes nucléaires est redevenue possible
Il est également intéressant de noter que certaines nations n’ont pas attendu une
menace extérieure pour effectuer des essais nucléaires sur leur population civile ou leurs
forces militaires à des fins d’évaluation et d’étude. Cela semble une action difficile à concevoir
dans le monde actuel, si médiatisé et si dense, mais cela est arrivé tant aux USA qu’en URSS...
Par exemple, l’exercice au nom de code Snezhok (« boule de neige ») réalisé par l’URSS le 14
septembre 1954 à Totskoïe, près d’Oldenburg, consista à faire effectuer des manœuvres
opérationnelles à plus de 45 000 hommes de troupe avec blindés et véhicules, soutien aérien
et logistique, sur une zone préalablement touchée par une frappe nucléaire. Les troupes ne
disposaient d’aucune protection particulière et servirent ainsi de cobayes pour étudier l’effet
d’un « champ de bataille nucléaire sur des forces de combat ». Le nombre et l’étendue des
victimes, y compris dans la population des alentours, ne sont toujours pas connus, mais il y
eut, dans les mois et les années suivantes, plusieurs milliers de morts, méticuleusement
dissimulés par les autorités...
Avec la prolifération nucléaire, terme décrivant l'augmentation du nombre d’États
possédant l'arme nucléaire dans le monde, le risque de conflagration potentielle augmente.
Par exemple, un conflit nucléaire entre l’Inde et Pakistan, deux pays au discours nationaliste
très fort, reste envisageable. En effet, ces deux pays ont des différends territoriaux, religieux
et politiques importants, notamment au sujet de la région stratégique du Cachemire, et un
passif lié aux guerres de 1947, de 1965, de 1971 et au soutien pakistanais au terrorisme
islamiste. En outre, ils se sont dotés, très officiellement au vu et au su du monde entier, de
nombreuses ogives, de missiles balistiques à moyenne portée et d’avions capables de
transporter des bombes sophistiquées. De plus, le Pakistan est traditionnellement soutenu
par la Chine, les États-Unis et l’Arabie Saoudite (qui a financé le programme nucléaire
pakistanais et qui aurait un accord secret pour obtenir rapidement, si le besoin devait se
présenter, des ogives et des lanceurs). L’Inde, quant à elle, était traditionnellement soutenue
par l’URSS, mais a pu développer un programme indépendant et maintenir de bonnes
relations diplomatiques et militaires avec la plupart des pays du monde. Un conflit entre l’Inde
et le Pakistan, dont l’étincelle pourrait être provoquées de plusieurs manières, pourrait
rapidement dégénérer en conflit 8F atomique. En effet, l’Inde possède au minimum entre 90 et
110 ogives et le Pakistan au minimum 100 à 120... Les effets d’un tel conflit seraient
considérables, aussi bien sur le plan humain que sur le plan économique ou géopolitique.
Autre cas : celui de la République Démocratique Populaire de Corée du Nord qui a testé
quelques bombes et missiles balistiques de moyenne portée. Néanmoins, nul ne sait quel est
son arsenal réel, ni le sérieux de ses menaces d’utilisation. Si ce pays devait utiliser de manière
offensive ou défensive ces armes, elles pourraient causer des dégâts très importants sur la
Corée du Sud (treizième économie du monde et source majeure de composants
électroniques) et sur le Japon. Une attaque sur une cible plus éloignée, notamment vers les
États-Unis, reste peu probable car ce pays ne dispose pas pour l’instant de missiles de portée
suffisante... bien qu’une bombe, placée dans un conteneur standard ou transportée par un
avion privé classique, peut être un moyen très efficace de projeter – partout dans le monde
– une force de frappe très destructrice.
La possession d’entre 75 et 400 armes nucléaires par Israël est un secret de polichinelle.
Ce pays à la capacité de se défendre ou d’attaquer avec des bombes via des missiles à
moyenne portée Jéricho II, des avions F-4, F-16I, ou F-15I, ou encore des missiles de croisière
lancés par des sous-marins de classe Dolphin. Ces derniers donnent à Israël une capacité de
seconde frappe, y compris globale. Quant à la volonté d’utiliser ces armes, les gouvernements
israéliens successifs ont répété maintes fois qu’ils n’hésiteraient pas à pulvériser tout ennemi
mettant en péril l’existence du pays, y compris si cela devait risquer l’autodestruction.6
6 Scénario connu sous le nom d’« option samson ».
La menace la plus grande aujourd’hui reste la politique très agressive des États-Unis.
Depuis le 11 septembre 2001, les administrations américaines successives ont déclaré être
prêtes à utiliser des armes atomiques, y compris en première frappe, contre tout pays désigné
comme adversaire : Irak, Iran, Corée du Nord, Lybie, Syrie... Cette doctrine semble avoir été
étendue à de véritables puissances militaires comme la Chine Populaire ou la Russie. Ces deux
nations ont, au moins respectivement, 400 et 5000 bombes et des vecteurs variés –
bombardiers, missiles intercontinentaux, missiles de croisière, sous-marins lanceurs d’engins
– et de portée globale.
Les cibles
Quelles sont les cibles potentielles d’une attaque nucléaire ? Les doctrines qui
apparurent entre les années 1950 et le milieu des années 1980 ne faisaient que reproduire,
avec des armes plus destructrices, les concepts de bombardements stratégiques de la
Deuxième Guerre mondiale, ciblant toutes les infrastructures militaires et économiques (y
compris la population civile) afin de soumettre l’ennemi dans ce qui allait être, a priori, une
guerre totale. Les bombes atomiques puissantes pouvaient également avoir une utilité
uniquement militaire dans le cas de destruction de forces militaires concentrées: flotte dans
un port, concentration de troupes et de matériel, etc.
C’est à partir des années 1960, et avec des bombes plus petites, que l’idée d’utiliser des
armes nucléaires à des fins tactiques sur le champ de bataille commença à voir le jour. Des
ogives nucléaires suffisamment petites pour être employées dans des missiles à petit rayon
d’action (missiles de type Tochka, Scud, Frog, Scaleboard, Scarab, Spider, Little John, Lance,
Pershing, Pluton, Hadès...) ou tirées par des canons d’artillerie (152 mm, 180 mm, 203 mm,
240 mm, 280 mm) commencèrent à être fabriquées. Bien que ces armes tactiques existent
toujours, le développement de têtes nucléaires de petite puissance a été orienté, notamment
depuis les années 1990, vers les mini-nukes destinées à être placées sur des missiles de
croisière ou des bombes au guidage très précis. En effet, ceux-ci peuvent être
particulièrement efficaces contre des cibles très protégées, tels que les bunkers de
commandements, les centres de communications, bases militaires, terrains d’aviation, les
usines ou centres de recherche enterrés, la résidence d’un chef de gouvernement ou toute
autre cible considérée comme « dure ».
Malgré leur faible puissance, aucun de ces bunkerbusters7 n’a officiellement été utilisée
sur un théâtre d’opérations. La raison, avancée par certains analystes, est simple : si une
bombe atomique de petite taille était utilisée, le public constaterait que la destruction
provoquée ne serait pas aussi grande qu’imaginé (ce qui est pourtant l’idée phare du
développement de ces nouvelles armes !). Cela briserait le mythe terrifiant lié à ces armes et
casserait la barrière psychologique quant à leur emploi, ouvrant ainsi la voie à des utilisations
de plus en plus fréquentes.
Avec l’avènement de nouvelles doctrines d’utilisation des armes nucléaire, l’idée de
détruire massivement les villes de l’ennemi pour en exterminer la population ne semble plus
être favorisée par les états-majors des grandes puissances. En effet, pourquoi prendre la
responsabilité morale et historique de détruire des métropoles connues et porteuses de
symbolisme affectif alors que des actions ciblées suffiraient. De plus, la destruction de cibles
militaires – il en reste si peu dans bon nombre de pays occidentaux – entraînerait
certainement un effet psychologique et démoralisant, si bien que peu de mini-nukes seraient
7 Littéralement : « destructeurs de bunkers ».
nécessaires pour atteindre les mêmes objectifs qu’aurait nécessité dans les années 1960 un
véritable tapis de bombes nucléaires ! De plus, la dépendance des pays modernes au bon
fonctionnement de tous les réseaux et de toutes les chaînes d’approvisionnement est telle
que toute attaque provoquerait un chaos économique et social quasi-impossible à gérer et
totalement paralysant. En outre, cette déstructuration pourrait également être atteinte sans
provoquer de morts grâce à des impulsions électromagnétiques (EMP) provoquées par une
détonation puissante dans la haute atmosphère. Ajoutons encore qu’une attaque pourrait ne
consister que d’une ou de quelques bombes pour « lancer un message », « décapiter » le
commandement politique et militaire sans forcément consister d’une attaque massive et
donc ne pas causer de destructions massives. Et enfin, dans le cas d’une attaque massive, si
les USA et la Russie ont chacun plusieurs milliers d’ogives, les vecteurs fonctionnels (missiles,
bombes, etc.) ne sont qu’une fraction de celles-ci (environ 20% soit à peu près un millier ou
deux pour chacun) et que tous ne seraient pas utilisés simultanément pour garder une
capacité de seconde frappe, ou de troisième frappe, fort utiles dans toute négociations. Cela
signifie que, même dans le pire des scénarios, il n’y aurait qu’un petit millier d’ogives utilisées,
dont une partie pourrait être détruite en vol, or il y a plus de 10'000 villes de plus de 50'000
habitants dans le monde... impossible donc de détruire tous les habitats urbains dans une
guerre nucléaire globale. Quant à l’effet des radiations, nous le traiterons ci-dessous.
Aussi, il apparait évident qu’il est préférable d’éviter de vivre ou, en cas d’alerte, de
rester près de bases et aérodromes militaires, de centres de commandement (pour peu qu’ils
ne soient pas secrets), de ports, d’usines d’armements stratégiques (aéronautique,
aéronavale, composants électroniques, fabriques de blindés, etc.), d’importants centres de
recherche, de quartiers généraux d’organisations de type OTAN, de centres décisionnaires
politiques importants, de centres logistiques (pourquoi bombarder Paris avec des dizaines de
missiles alors que sans Rungis et Le Havre, la ville serait rapidement affamée...).
Exemple : les bases de l’Armée de l’Air française en métropole.
Il est donc important de savoir si vous habitez, si vous travaillez, si vos enfants vont à
l’école, etc. près d’une cible potentielle. Cela demandera un peu de travail de votre part et
cette vidéo pourra vous aider à le réaliser : https://www.youtube.com/watch?v=Ii-zwMTc2bI
Quelques Mythes liés à la guerre nucléaire
Comme mentionné dans l’introduction, le cinéma, les médias et les agents politiques
ont créé toute une série de mythes autour de l’attaque nucléaire. Il faut donc déconstruire
ces mythes liés au nucléaire, afin de permettre une compréhension claire, et avec le moins
de préjugés et d’émotion possible de la réalité.
Premier mythe : Les radiations d’une guerre nucléaire vont empoisonner l’air et l’ensemble
de l’environnement ! Tout le monde va mourir !
Les faits : Lorsqu’une explosion nucléaire se produit, surtout si elle est proche du sol, des
milliers de tonnes de matière sont irradiées. Cette matière contaminée est pulvérisée par
l’explosion (température, souffle) et est transportée dans l’atmosphère par l’effet ascendant
de l’air chauffé par l’explosion. Ce nuage si typique en forme de champignon fait que ces
particules vont se propager dans l’atmosphère puis se disperser et retomber, notamment en
fonction des vents. Les particules les plus lourdes, et donc plus chargées de nucléides
radioactifs, retombent le plus rapidement. Elles créent ainsi des dépôts fortement radioactifs
aux contours parfois bien délimités et peu éloignés du lieu de l’explosion. Les particules les
plus fines, quant à elles, ne sont pas à négliger. Elles restent dangereuses, car elles peuvent
facilement être ingérées ou respirées tout en demeurant invisibles à l’œil nu. Retombant plus
lentement, elles se déposent sur des zones plus vastes et étendues, provoquant
généralement une contamination moindre, mais tout de même bien réelle.
Lors d’une explosion nucléaire, les personnes qui s’abritent rapidement dans un abri, et qui y
restent pendant quelques jours, ont peu de chances d’être en contact avec ces particules
radioactives, notamment si l’abri est équipé d’un filtre à air. En effet, la majorité d’entre elles
se seront déposées dans les premières 48 heures. Les dépôts de poussières chargées en
radionucléides seront charriés au fil du temps par l’eau et leurs effets s’estomperont, sauf
dans les endroits où, par effet d’accumulation (boues, vases, étangs, etc.), elles
s’accumuleront et resteront dangereuses.
Lors de l’explosion du réacteur n°4 de Tchernobyl, en 1986, le nombre important de victimes
est principalement dû à la lenteur de l’évacuation des zones à proximité de l’accident. Les
habitants ont respiré pendant plusieurs jours un air chargé de poussières radioactives à un
niveau 400 fois supérieur à la limite considérée comme « acceptable ».
Heureusement, du fait de la demi-vie des éléments radioactifs, comme nous l’avons vu
précédemment, le danger des radiations diminue avec le temps. Comme cette réduction est
exponentielle, la dangerosité diminue rapidement. Lors de la Guerre froide, les programmes
de défense civile ont estimé que, pendant une guerre nucléaire, après deux semaines passées
dans un abri, il était relativement sûr de sortir. Néanmoins, il est plus que recommandé
d’éviter les endroits se trouvant sous le vent des cibles touchées par les ogives nucléaires,
comme les grandes villes ou les sites stratégiques (silos de missiles, etc.).
L’étude des effets des bombardements atomiques sur Hiroshima et Nagasaki montre que
seule une petite partie de la population qui a reçu des doses de radiation en est morte ou a
subi des effets délétères à long terme. Une simulation réalisée en 1980 par le gouvernement
britannique a démontré qu’une attaque soviétique sur le Royaume-Uni avec 130 têtes
nucléaires causerait la mort de 53 % de la population et engendrerait 12 % de blessés graves.
Ces prévisions ne sont pas très éloignées de celles qu’avait émises le célèbre physicien
allemand Albert Einstein : « Je ne crois pas que la civilisation sera éliminée dans une guerre
combattue avec des bombes atomiques, mais il est probable que les deux-tiers de la
population de la Terre soit tués. ». Réjouissez-vous, vous allez apprendre quoi faire pour faire
partie du tiers-restant – ce qui fait quand même plus de 20 millions de gens, dans l’hypothèse
d’une attaque contre la France8 !
Deuxième mythe : Les radiations pénètrent tout et il n’y a pas moyen d’échapper à leurs
effets.
Les faits : Les rayons gamma sont atténués plus ou moins fortement en fonction du type
d’écran utilisé. Plus le matériau du constituant est dense et épais, plus il est efficace.
Néanmoins, toute substance a son utilité : plusieurs mètres de terre peuvent arrêter la
majeure partie des rayonnements gamma. Concernant les neutrons émis lors d’une explosion
nucléaire, le phénomène d’atténuation est identique, à la différence près qu’il est préférable
d’employer des matériaux légers, comme l’eau.
Troisième mythe : Dans une explosion, comme celles d’Hiroshima et de Nagasaki, tous les
bâtiments sont détruits et tout le monde est tué par l’onde de choc, les radiations ou les
incendies.
Les faits : À Nagasaki, beaucoup d’habitants ont survécu sans blessures car ils se trouvaient
dans des abris construits pour protéger la population contre des attaques aériennes
conventionnelles. Certains de ces survivants se trouvaient dans des abris à moins de 500 m
du point d’impact et certains directement sous le point de l’explosion dans une église aux
murs et au toit en pierre. De nombreux abris familiaux construits simplement dans de la terre
n’ont pas été détruits, alors qu’au même endroit, les bâtiments en surface ont été balayés ou
consumés par les flammes.
Quatrième mythe : Une guerre nucléaire mettrait le feu aux villes et créerait des « tempêtes
de feu » qui consumeraient tout l’oxygène et tueraient tous les habitants, y compris ceux
terrés dans les abris.
Les faits : Par temps clair et sec, la chaleur dégagée par une explosion nucléaire est telle
qu’elle met instantanément le feu à tous les matériaux inflammables (tapis, moquettes,
tapisseries, papier, bois sec, journaux, herbe sèche, buissons, rideaux, etc.), y compris la peau
des êtres humains et de certains animaux. Ces effets sont très forts à proximité de l’explosion
et s’amenuisent avec l’éloignement. Par temps nuageux ou humide, ils sont un peu réduits,
car l’humidité de l’air va absorber une partie de la chaleur. Au-delà de cette zone «
d’inflammation », les brûlures peuvent toujours être graves (deuxième degré), mais le flash
thermique n’est plus suffisant pour enflammer les matériaux. En outre, dans les tests
nucléaires réalisés sur des bâtiments spécifiquement construits pour étudier les effets des
explosions, le souffle qui suit l’effet thermique éteint souvent les incendies. Malgré tout, si
ceux-ci devaient néanmoins ravager les villes, l’expérience des pires bombardements
8 Fini les embouteillages, le prix de l’immobilier cher et la difficulté à trouver de la place dans les crèches... :)
incendiaires effectués par l’aviation américaine sur Dresde (13 février 1945) ou sur Tokyo (9
mai 1945) nous enseigne que même dans le cas de véritables tempêtes de flammes, cela n’est
pas suffisant pour totalement consumer l’oxygène de l’air. Certes, la chaleur des incendies
peut devenir telle que l’air devient irrespirable et que l’acier des structures métalliques fond,
mais il reste toujours de l’oxygène dans l’atmosphère.
À moins de vivre dans des villes anciennes avec beaucoup de matériaux inflammables (Paris,
Londres, Strasbourg), les villes plus modernes (New York, Dubaï...), construites en béton, en
acier et en verre, n’ont pas assez de matériaux combustibles pour que ce phénomène puisse
se produire. De plus, si la densité est faible – comme dans les quartiers pavillonnaires – il est
peu probable de voir advenir ces « tempêtes de feu ». Enfin, notons que la terre est un très
bon isolant thermique et que tout abri enterré constitue une bonne protection contre la
chaleur.
Cinquième mythe : L’eau et la nourriture seront devenues radioactives et la population
mourra même s’il reste suffisamment de nourriture et d’eau pour les survivants.
Les faits : Il est important de comprendre la différence entre irradiation et contamination. Si
des aliments étaient traversés (irradiés) par des rayons gamma, ils resteraient probablement
comestibles (d’ailleurs, la plupart des légumes et produits frais que nous consommons sont
irradiés dans le but de les stériliser). Dans le cas de la contamination, si les particules chargées
de radionucléides n’entrent pas en contact avec de la nourriture, il n’y a aucun risque. L’eau
et la nourriture, qui sont contenus à l’abri des poussières (conserves, sacs étanches, etc.), ne
seront pas contaminées. Le simple fait de peler les fruits et les légumes et de filtrer l’eau
réduit considérablement les risques (attention, les plantes ayant poussé dans des sols
contaminés ne sont pas consommables). Pour plus d’informations, voir le chapitre sur la
préparation alimentaire ci-dessous.
Sixième mythe : La plupart des nouveau-nés auront des malformations et le patrimoine
génétique des générations futures sera tellement atteint que la population humaine va
péricliter et disparaître.
Les faits : Selon les études médicales sur les effets des radiations sur les populations
d’Hiroshima et de Nagasak9i, il n’y a pas significativement plus de naissances anormales dans
ces populations que dans celles non exposées aux radiations. En revanche, il y a eu un nombre
plus élevé de fœtus anormalement formés et causant une fausse-couche, ainsi qu’une légère
augmentation du taux de cancer chez les personnes ayant survécu à l’explosion. Les radiations
ont donc un effet réel et tragique, comme constaté après Tchernobyl par exemple, mais de là
à faire disparaître l’humanité, si résistante et si implantée partout sur la planète... non.
Septième mythe : À cause de la destruction de la couche d’ozone de l’atmosphère,
permettant ainsi le passage de trop de rayons ultraviolets solaires, les hommes et les animaux
deviendraient aveugles.
Les faits: Les explosions nucléaires projettent dans la stratosphère une grande quantité
d’oxyde d’azote qui est un gaz qui détruit la couche d’ozone. Toutefois, selon les calculs des
scientifiques10 sur les tests nucléaires atmosphériques des USA
9 A Thirty Year Study of the Survivors of Hiroshima and Nagasaki, National Academy of Sciences, 1977 10 M. H. Foley and M. A. Ruderman, Stratospheric NO from Past Nuclear Explosions, in Journal of Geophysics,
Res. 78, 4441-4450.
85F 86F
et de l’URSS entre 1952 et 1962, ces quantités restent trop faibles pour que les destructions
soient significatives et pour que la quantité de rayons ultraviolets qui passent à travers la
couche d’ozone augmente de manière notable. De plus, puisque les armes nucléaires
modernes ont des puissances bien moins grandes que celles des années 1950 et 1960, les
effets sur la couche d’ozone seraient moindres, voire nuls. Au contraire, les poussières
projetées dans l’atmosphère pourraient créer, par des réactions de type « smog » (particules
+ humidité) dans la troposphère, une protection supplémentaire contre les rayons
ultraviolets. Les survivants d’une guerre nucléaire auront au moins la consolation de pouvoir
se mettre au soleil sans danger !
Huitième mythe : Un « hiver nucléaire » rendant toute survie impossible suivra une guerre
nucléaire. Les fumées des feux causés par la guerre et les poussières projetées dans
l’atmosphère vont envelopper la terre d’une couche obscure qui empêchera les rayons du
soleil de la traverser. Il fera nuit, il fera froid. Les récoltes vont geler, y compris aux tropiques.
Ce sera la famine et l’humanité ne pourra pas survivre.
Les faits : La théorie de « l’hiver nucléaire », qui a effrayé les populations, a été émise en 1982
par le chimiste allemand Paul Crutzen et a ensuite été médiatisée par des scientifiques
pacifistes, comme le très célèbre Carl Sagan11, et par la communauté scientifique soviétique
tout entière, prônant, dans la foulée, un démantèlement de toutes les armes nucléaires... En
1986, une étude scientifique poussée12 a calculé qu’en cas de guerre nucléaire globale, les
effets sur le climat ne seraient pas aussi graves que dans la théorie précitée. Dans le scénario
d’une telle guerre, la température des zones tempérées de l’hémisphère Nord, en été,
baisserait de vingt degrés par rapport à la moyenne, mais seulement pendant quelques jours.
Par ailleurs, des études soviétiques antérieures à la théorie de l’hiver nucléaire montraient
que la quantité de poussières propulsées dans l’atmosphère serait très inférieure à celle qui
serait nécessaire pour obscurcir le ciel.
Le vrai danger en cas de guerre nucléaire, outre les destructions immédiates et les radiations,
reste la dislocation des infrastructures et des systèmes d’approvisionnement, des villes
notamment, pour tout ce qui concerne l’eau, la nourriture, les médicaments, les pièces
détachées, l’essence, etc. Si l’économie mondiale se paralyse, les supermarchés se
retrouveraient sans ravitaillement, les pharmacies et les hôpitaux sans médicaments, la
population sans eau ni électricité, le système des égouts s’effondrerait... Et les conséquences
sur la vie des millions – des milliards à l’échelle planétaire – d’habitants des villes seraient
catastrophiques
Pour comparer, même la plus grande des bombes thermonucléaires n’atteint pas la puissance
dégagée par une éruption volcanique moyenne (comme celle du Mont Pinatubo aux
Philippines en 1991, qui avait une puissance deux fois plus forte que la Tsar Bomba).
Neuvième mythe : Une guerre entre puissances nucléaires serait suicidaire, et donc personne
ne prendrait le risque de la déclencher.
87 Julius S. Chang et Donald J. Wuebbles, Atmospheric Nuclear Tests of the 1950s and 1960s: A Possible Test of
Ozone Depletion Theories, in Journal of Geophysical Research 84, 1979. 11 Notamment dans l’article du 23 décembre 1983 du journal Science: Nu- clear winter, global consequences of
multiple nuclear explosions, R. P. Turco, O. B. Toon, T. P. Ackerman, J. B. Pollack, et C. Sagan. 12 Starley L. Thompson et Stephen H. Schneider, Nuclear Winter Reappraised, Foreign Affairs, 1986.
Les faits : Ce serait formidable si ce mythe était vrai, et l’histoire nous a montré que, de 1945
à nos jours, l’effet dissuasif de ces armes a fait qu’aucune attaque majeure n’a eu lieu contre
un pays possédant l’arme nucléaire.
Hélas... les documents déclassifiés des années 50 montrent que les militaires américains
étaient prêts à prendre le risque de lancer une attaque surprise contre l’URSS, l’Europe de
l’Est et la Chine13.Dans les années 1990 et 2000, les Etats-Unis14 et Israël
15 ont développé des
« micro-bombes » atomiques, destinées à être utilisées contre des objectifs dits «durs», tels
que des bunkers enterrés et autres cibles de commandement et de communication ou des
centres de recherche nucléaire enfouis à plusieurs dizaines de mètres de profondeur. Ces
armes faillirent être employées contre l’Irak et contre le programme nucléaire iranien. Les
pouvoirs politiques ont, pour l’instant, refusé de les utiliser, probablement parce qu’ils
redoutent un effet négatif sur l’opinion publique.
Dixième mythe : L’utilisation de munitions à l’uranium appauvri lors de conflits va rendre
impropre à la vie des régions entières.
Les faits : La réponse est complexe, car l’uranium est un élément naturel dans
l’environnement qui peut être présent à l’état de trace ou en plus grande quantité selon les
régions du monde. L’uranium appauvri, quant à lui, est 40 % moins radioactif que l’uranium
naturel. Néanmoins, il présente tout de même des risques potentiels pour la santé, du point
de vue de la radio-toxicité et de la chimio-toxicité. En cas d’utilisation de munitions ou de
perforation de blindages constitués d’uranium appauvri, une partie du radio- isotope passe
sous forme de poussières et contamine la zone. C’est le véritable danger. Les principales voies
d’exposition des populations présentes sont donc l’ingestion et l’inhalation qui entraîneraient
une contamination interne.
Fort heureusement, ce matériau est bien moins dangereux que les isotopes impliqués dans
les incidents nucléaires de type bombes atomiques ou accident de centrales nucléaires. De
plus, les traces d’uranium appauvri sous forme de poussières sont dispersées
au fur et à mesure du temps par les précipitations, le vent, etc. Cependant, dans les zones où
un nombre conséquent d’obus de ce type ont été tirés, le risque de contamination de l’eau
n’est pas à exclure.
Au final, l’irradiation est négligeable et seule la contamination interne peut poser problème.
Ainsi, se promener dans une carcasse de char ayant été frappé par un obus à l’uranium
appauvri n’entraîne pas de soucis de santé. Par mesure de précaution, il est préférable de
porter un masque à poussières, voire une paire de gants jetables. En revanche, pour les
populations régulièrement exposées, des atteintes chroniques au niveau du foie et des
poumons peuvent survenir. Ceci est d’autant plus vrai pour les enfants qui jouent dans les
épaves de blindés, remuent la poussière, mettent leurs mains à la bouche...
13 http://nsarchive.gwu.edu/nukevault/ebb538-Cold-War-Nuclear-Target- List-Declassified-First-Ever/ 14 http://www.informationclearinghouse.info/article17206.htm 15 http://www.reuters.com/article/us-nuclear-iran-israel-nukes- idUSTRE62P1LH20100326
COMMENT REAGIR?
« Dans les champs de l'observation, le hasard ne favorise que les
esprits préparés. »
Louis Pasteur, scientifique français, (1822-1895)
Dans la mesure où une attaque nucléaire peut survenir sans prévenir, et au regard de
ses conséquences, il est préférable de se préparer à l’avance, tant matériellement qu’au
niveau des connaissances, des comportements et des gestes adaptés à la situation.
Bien que les États aient mis en place des systèmes d’alarme, on peut très bien imaginer qu’ils
auraient très peu de temps pour les déclencher en cas d’attaque, qu’ils ne le fassent pas pour
ne pas déclencher des mouvements de panique ou que, vu leur souci habituel pour la
population, ils pourraient même « oublier » de le faire, tant ils seront occupés à se mettre à
l’abri... Dans le meilleur des cas vous aurez quelques minutes pour réagir si les sirènes sonnent
pour rechercher le refuge le plus sûr : abri antiatomique public ou privé (savez-vous où se
situent, s’ils existent, ceux près de votre domicile ou de votre lieu de travail ?), sous-sol, cave,
métro... Mais très probablement vous apprendrez qu’une attaque à lieu si :
- Vous êtes près d’une cible et aurez donc une confirmation visuelle (ou auditive) de
celle-ci.
- Toutes les communications cessent, l’électricité cesse de fonctionner et, surtout, tous
les systèmes électroniques cessent de fonctionner.
- Les nouvelles sont communiquées par les médias (se méfier des simulacres ou des
fausses rumeurs...) et sont confirmées par différentes sources d’information que vous
considérez fiables.
Pendant l’attaque
L’explosion nucléaire est visible de manière immédiate. La lumière dégagée est très
intense et peut même rendre aveugle, brûler la peau et enflammer des objets. L’onde de
choc qui suit et le son assourdissant qui découle de l’explosion font qu’il est impossible de
ne pas la remarquer. Les radiations, en revanche, ne se ressentent pas (hormis les doses
extrêmement fortes) et ne se voient pas. Les dégâts surviendront plus tard.
Si vous êtes à l’extérieur :
• Chaque seconde compte !
• Abritez-vous immédiatement en vous jetant au sol, si possible dans un trou ou
derrière une structure solide (muret, bordure de trottoir...).
• Couvrez-vous la tête et le visage avec les bras et recroquevillez-vous pour limiter la
surface au contact avec le flash de chaleur et le souffle de l’explosion.
• Ne cherchez pas à regarder l’explosion et gardez les yeux fermés.
• Fermez la bouche et n’inspirez pas lors de la forte chaleur que vous pourriez
ressentir afin de ne pas brûler de vos poumons.
• Une fois la chaleur passée, ouvrez la bouche pour mieux absorber l’onde de choc et
limiter la casse sur vos tympans.
Si vous êtes à l’intérieur :
• Éloignez-vous des fenêtres et abritez-vous le plus vite possible en vous jetant au sol
dans le coin d’une pièce ou sous une table.
• Lorsque le phénomène de souffle est passé, prenez le temps de la réflexion
nécessaire pour évaluer la situation. Si votre Base Autonome Durable (BAD) est
encore en bon état, vous pouvez envisager de vous y confiner : coupez les
ventilations, la climatisation, le chauffage, fermez volets et fenêtres. Essayez de
rendre hermétique aux poussières votre domicile en utilisant votre kit de confinement. Les informations délivrées à la radio devraient vous permettre de
déterminer si l’évacuation est nécessaire.
• Si votre BAD est détruite ou endommagée, vous devez rejoindre au plus vite possible
l’un de vos refuges (amis, familles ou abri).
Dans tous les cas
• Présumez que de la contamination radioactive est présente. Une partie a été
apportée par le souffle et d’autres poussières vont venir s’additionner suite aux
retombées.
• Il est impératif de prendre les précautions nécessaires pour se protéger afin d’éviter
une contamination interne (utilisez de simples mouchoirs, morceaux de tissus ou
masques FFP si vous en avez à disposition) et pour prévenir toute contamination de
votre domicile, refuge, etc., en rentrant chez vous.
Une fois la chaleur et le souffle passés, les circonstances guideront vos actions. Vous
pourrez ainsi choisir de fuir immédiatement (dans une direction opposée à l’explosion et de
préférence perpendiculairement aux vents), d’aller récupérer au préalable votre sac
d’évacuation et rejoindre votre famille à un lieu donné précis (à prévoir AVANT car les
communications téléphoniques pourraient bien être impossibles) ou décider de vous confiner
dans votre cave ou maison (ou abri antiatomique si vous en disposez d’un) si celle-ci est bien
située et peu endommagée.
Après l’attaque :
Si vous résidez dans une zone éloignée de l’attaque, vous ne serez pas affecté par les
phénomènes thermolumineux ou par les effets mécaniques. En revanche, les retombées
radioactives peuvent vous atteindre.
Attention aux pluies qui pourraient suivre une attaque, car elles seront très fortement
chargées en éléments radioactifs : ne buvez pas cette eau et évitez tout contact pendant
plusieurs jours
À moins qu’une alerte soit donnée ou que vous disposiez de moyens de détection, la
présence de radiations ne deviendra évidente qu’à l’arrivée de personnel doté d’équipements
spécialisés NRBC. Dans ces conditions, vous devez comprendre que la contamination
radioactive est votre principal ennemi. Il est donc dans votre propre intérêt d’appliquer les
consignes, d’utiliser les matériels et mettre en œuvre les procédures de
déshabillage/décontamination décrits plus loin. Continuez à écouter les informations, si elles
sont disponibles, toujours avec un brin de scepticisme, surtout si celles-ci sont très
optimistes... « Le nuage radioactif n’a pas traversé la frontière », « tout est sous contrôle »,
etc. Et, comme pour tout, réfléchissez par vous-même. Si les autorités vous demandent
d’évacuer (et que vous êtes dans un abri parfaitement sûr), allez-vous obtempérer et vous
retrouver dans un camp de réfugiés ? C’est votre choix. Ne revenez surtout pas, si possible,
près de l’épicentre de l’explosion ou de l’accident nucléaire.
Comment protéger sa santé ?
« Le meilleur moyen de se détoxifier est de cesser de mettre des choses toxiques dans le corps,
et de dépendre des mécanismes naturels du corps. » Ce truisme du naturopathe américain Dr Andrew
Weil nous rappelle l’évidence qu’il vaudra mieux, après une attaque nucléaire, éviter d’ingérer ou de
toucher des éléments porteurs de particules radioactives.
Tout d’abord, s’informer
De nos jours, une prise de conscience semble toucher la population des pays
développés. Les gens recherchent de meilleurs aliments, que ce soit en achetant bio, en
cultivant un potager ou même en faisant du petit élevage. Certains choisissent de quitter la
ville pour retourner à la campagne. Cette démarche s’accompagne certainement d’une envie
de plus d’autonomie et de moins de stress. Mais qu’en serait-il en cas d’accident ou de guerre
nucléaire ? Pourrait-on toujours cultiver son lopin de terre ou acheter fruits et légumes sans
craintes ? Pour se protéger, il faut avant tout être informé.
On peut espérer que les autorités gouvernementales et les médias informent la
population en cas de contamination, quelle qu’en soit la cause. Pourtant, les accidents de
Tchernobyl et de Fukushima ont montré une certaine lenteur et un manque avéré de
transparence. Ceci peut se comprendre dans la mesure où il est souhaitable de limiter les
effets de panique. Néanmoins, cela peut avoir un effet n

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